Entre modernité et authenticité

 

Me voilà partie à la découverte du Maroc du Nord. Le séjour se déroule en trois étapes ; Fès, la ville intellectuelle et spirituelle du Maroc, Tétouan, la ville blanche à proximité du détroit de Gibraltar, et Chefchaouen, dans les montagnes du Rif, au nord ouest.

Sur la route, j’ai pu confronter, par le biais de mes rencontres, mes interrogations sur la situation du pays. 

Regard sur l’avenir, certains jeunes rêvent de quitter le Maroc pour explorer le monde, comme me confie Omar, travaillant dans la «Guesthouse» dans laquelle je suis restée à Tétouan, pendant que d’autres, restent pour faire perdurer les traditions en continuant l’activité artisanale de la famille. D’autres veulent partager leur patrimoine en développant des activités pour les touristes. C’est ce que fait Oussama, guide dans son quartier d’origine à Fès.

C’est intéressant de comparer cette jeunesse par rapport à la vision occidentale. Pendant que la valeur « travail » est remis de plus en plus en question et redéfinie par la jeune population occidentale, les jeunes marocains, eux, tendent à vouloir suivre de plus en plus notre modèle occidental, basé sur l’aspect matériel. C’est la seule façon pour eux de s’émanciper et vivre d’autres expériences. 

(Mon vol retour prévu le 14 mars, fut annulé à cause la pandémie du Coronavirus. Nous avons eu la possibilité de se faire loger quelques temps à Casa, le temps de trouver une solution rapide pour rentrer).

Fès ou la capitale intellectuelle et spirituelle du Maroc

Historiquement, c’est la plus ancienne cité du Maroc. La ville se compose de 3 parties. Fès El Bali, le quartier le plus ancien, Fès El Jédid, où se trouve le palais royal, le quartier Juif, et la ville nouvelle, partie résidentielle de la ville. J’ai préféré me balader dans la médina, soit le quartier de Fès El Jédid, où les petites ruelles grondent de monde et de petits commerces d’artisans. La médina est d’ailleurs classée au patrimoine de l’UNESCO.

La ville détient la plus grande université du monde où à l’époque, elle accueillait, philosophes, médecins, historiens. Aussi, elle est reconnue pour ses traditions artisanales, les babouches, les verres à thé, le tannage, depuis le moyen âge avec les fameuses tanneries Chouara, la plus ancienne du pays. En me baladant dans la médina, j’en découvre des plus petites. Je m’y arrête, je discute avec les personnes là bas, qui m’expliquent leur travail du cuir dans les tanneries. Les artisans travaillent les peaux de moutons, de vaches, de chèvres et de chameaux. Il faut une trentaine de jours pour réaliser une belle peau, il y a plusieurs étapes. Il faut tout d’abord plonger les peaux plusieurs jours dans des bassins remplis de chaux, de fiente de pigeon et d’ammoniac. Ensuite, il faut les colorer. Les tanneurs utilisent des éléments naturels pour la teinture ; fleur de pavot, écorce de grenadier pour le rouge, henné pour le orange, menthe pour le vert, safran pour le jeune, … Les peaux sont rincées puis séchées au soleil pendant quelques jours avant de pouvoir être travaillées. Ce travail est fastidieux et dangereux pour leur santé. Les tanneries se vident, les anciens restent, les jeunes, pour la plupart, se débrouillent pour faire autre chose. Cela rend perplexe et inquiet les plus anciens pour savoir si leur savoir faire, ancestral, va perdurer ou non. Ici, on trouve des artisans travaillant le bois, le cuivre, tissent des tapis berbère (plus grand peuple ethnique au Maroc). 

 

Début mars, les fins de journées sont douces. Quoi de mieux que contempler la médina disparaitre peu à peu, laissant place à l’obscurité. Je suis fascinée par les couleurs de ce coucher de soleil. 

Tétouan ou la ville blanche

Départ pour Tétouan, près de 5h de bus, au nord de Fès, dans le Rif occidental. Le trajet est magnifique, la végétation est sublime. 

Tétouan se compose de la nouvelle ville, aérée, aux airs hispano-mauresques et la médina, classée également au patrimoine de l’UNESCO. C’est la ville la plus hispano-mauresque du Maroc. Aussi, chaque ruelle se consacre à une activité particulière. 

La ville est à quelques kilomètres de la mer. A bord d’un petit taxi bleu local, me voilà partie dans la petite ville de Martil, ville balnéaire. 

Sur le rivage, les pêcheurs rentrent tranquillement de la pêche.

Chefchaouen ou le village bleu

Depuis un moment, ce petit village dans les montagnes me fait de l’oeil. Ses maisons bleues m’intriguent.

On me confie qu’à l’époque des premiers explorateurs venant visiter le village, étaient intrigués par les maisons bleues, colorées par les femmes. Ingénieuses, elles ont décidé de peindre de différentes nuances de bleu, la plupart des maisons blanchies à la chaux, pour développer l’économie du village. Cela donne un charme fou à la médina. ChefChaouen est aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

 Je souhaite m’éloigner des lieux touristiques et visiter les environs du village, dans le Rif, où gorges, grottes, rivières, forêts de cèdres, pins font mon bonheur. Décidément, je me sens toute petite face à la grandeur de la nature. 

Mon départ est retardé par l’annulation de mon vol, le 14 mars. C’est le début du confinement, les frontières commencent une à une à fermer. J’ai la chance d’être  logée à Casa quelques jours le temps de trouver une solution pour rentrer. Malgré l’incertitude, le stress, essayons de profiter …

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