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Audrey

Les pêcheurs de Sicile

By | Hors de nos frontières, Reportages

Tradition Sicilienne

Le poisson et les fruits de mer, font partie des spécialités culinaires de la Sicile. Des sardines à la langouste, en passant par l’espadon, je ne pouvais passer à côté. 

Premier stop, Mazara Del Vallo, ville historique et haut lieu de la pêche Sicilienne. Je tombe sur Antoine. Tous les jours, il part à l’aube pour pêcher l’espadon, qu’il revend ensuite aux grossistes pour se faire un peu d’argent. Il lui arrive de partir en mer le soir avec son fils et de dormir à bord, après avoir lâché ses filets. Il me confit qu’à chaque relève de filets, il ramasse du plastique, qui habite les océans maintenant. Je tombe ensuite sur Robertino, en train de donner un petit coup de neuf à son bateau. Tous les matins, il se lève pour pêcher la langouste. Vito, quand à lui, pêche la daurade.

Deuxième stop, Trapani à l’ouest, sur la pointe occidentale de l’île. Je me lève tôt pour aller au marché aux poissons qui se tient au port. Les pêcheurs viennent d’amarrer, la foule se précipite pour voir le poisson frais. La pêche, une affaire de famille. Nino aide, son père et son oncle pour vendre le poisson sur le marché.

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Association FDFA

By | Collaborations, Rencontres

Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir

Qui a dit qu’une femme avec une différence ne pouvait pas atteindre ses objectifs, ses rêves, relever des challenges ?!

Dans le cadre de l’association FDFA, qui lutte contre les discriminations envers les femmes en situation de handicap, j’ai participé le 14 mars dernier, au colloque sur le thème du sport, des femmes en situation de handicap et de l’empowerment. Tout au long de la journée, des sportifs, professionnels dans le domaine, se sont penchés sur la question. Marie-Amélie Le Fur, marraine de l’événement et triple championne paralympique, ainsi que toutes les sportives présentes, nous parlent du sport comme vecteur d’épanouissement personnel.

Voici des extraits de leurs témoignages :

« Ca m’a donné confiance en moi, j’ai pas peur de ce que je suis, j’ai pas honte de ce que je suis, car le sport me donne confiance » – Marie-Amélie Le Fur.

« Le sport m’a permis de viser les étoiles quand bien même je pensais que c’était impossible » – Hayette Djennane, championne de France d’Handisport de parachutisme.

« Une sensation de liberté et de possibilités incroyables » – Anaëlle Le Blevec, médaille d’or d’Handisurf en 2017.

« Une pratique sportive régulière était nécessaire pour m’échapper des conflits familiaux et violents du foyer », Aurélie Flages, danseuse et adhérente de FDFA.

Je peins pour mon combat

By | Rencontres, Un visage, une histoire

L’Art de la liberté

Portrait d’Ismail Yildirim, artiste peintre et réfugié politique Turc.

A travers son art, ses peintures et sculptures, il exprime une vraie douleur, celle d’un homme, emprisonné dans son propre pays. C’est par le biais de la création, qu’il essaye de cicatriser les blessures de son passé et qu’il souhaite laisser une trace de son histoire.

Regard méfiant, après plusieurs entrevues, il se laisse aller à la confidence. Il veut retranscrire une réalité, sa propre réalité sur les souffrances qu’il a subies et celles des Hommes, qui, à la suite des conflits au Moyen-Orient, ont fui leur pays. La question migratoire, Ismail l’illustre par de forts symboles comme l’oiseau, ou Pietà, la vierge de pitié, figure emblématique.

Retour sur la naissance d’un artiste

Ismail grandit en Anatolie en Turquie où il réalise ses premières oeuvres. Il peint les vignobles et les champs de tournesol aux alentours de son village. Déjà, il rêve de travailler de son art. A 15 ans, réussissant le concours des Beaux Arts, il s’installe à Istanbul. En 1971, à la suite des soulèvements entre l’extrême gauche et l’extrême droite, la capitale subit son deuxième coup d’état militaire. Il rejoint à ce moment là «L’armée Libération, peuple de la Turquie» , mouvement clandestin ; ce qui lui vaudra une condamnation en 1975. Il sera relâché quatre ans plus tard. C’est en 1980, avec un nouveau coup d’état, qu’il décide de s’enfuir et quitter définitivement la Turquie.

Il traverse la Syrie et se réfugie au Liban. Il y retrouve Yilmaz Guney, son ami cinéaste. Ils arrivent en France en 1982. Ils collaborent ensemble sur le film «YOL», qui gagnera la palme d’or à Cannes, puis «LE MUR» en 1983. A la suite de ces deux films, son ami décède brutalement. Il abandonne le cinéma pour se consacrer pleinement à sa carrière de peintre sculpteur. Il travaille d’abord comme sérigraphe pour Jean-Michel Folon, Victor Vasarely entre autre, puis devient professionnel en 1984. 

« A plusieurs reprises, je suis rentré dans la toile »

J’observe attentivement son regard. Discrètement, il se met à l’oeuvre, ses traits sont francs et instinctifs. Il commence une toile de son nouveau thème ; le déplacement, message de colère et de révolte. La peinture qu’il jette sur la toile est sa façon d’extérioriser ses émotions. Les goutes de peinture glissent le long de la toile comme les larmes contenues dans son âme et celles de ses confrères. Chaque toile est pour lui un éternel recommencement. Il aime travailler le bois. L’utilisation des vieux troncs, parfois pourris et déracinés, est sa façon d’exprimer son déracinement et les traces qui l’ont marquées et le marqueront à vie. 

Ismail Yildirim, auteur de « femme debout », « champ de coquelicot », « ma soeur ». http://www.ismail-yildirim.com/

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Cambodge, Témoin sous silence

By | Hors de nos frontières, Reportages

Petit retour en arrière sur le régime des Khmers rouges; qui après 39 ans, a été reconnu par les autorités, comme crime contre l’humanité en Novembre dernier.

Le chef des Khmers rouges Pol Pot, imposa sa dictature ayant pour idéologie la constitution d’une société sans classes sociales de 1975 à 1979. Toutes les différences nationales, ethniques, religieuses, politiques, artistiques et culturelles, étaient condamnables et devaient disparaitre. En quatre ans, Il causa la mort de plus d’un tiers de la population Cambodgienne, soit 1,7 millions de personnes. Le régime s’est éteint lors de l’invasion Vietnamienne, déclenchant une guerre civile dans le pays.

Il faut attendre les années 2000 pour que l’ONU s’y intéresse. En parrainant le tribunal international, les crimes des Khmers rouges ont été jugés, mais les procédures ne visaient qu’une petite partie des personnes responsables.

Ce n’est qu’en Novembre dernier que les derniers responsables, deux dirigeants, Nuon Chea, âgé de 92 ans et Khieu Samphan, âgé de 87 ans, ont été jugés coupables et que cet acte de barbarie, a été reconnu comme génocide ; génocide retenu contre les actions à l’encontre des Vietnamiens et autres minorités religieuses. Pendant le tribunal, des témoins dévoilent la cruauté du génocide ; décapitations, viols, cannibalisme ; âmes sensibles s’abstenir.

Aujourd’hui, ce massacre et ses brutalités, ont laissé un pays meurtri avec de nombreux orphelins. Plus de la majorité de la population à moins de 30 ans. En 2016, je réalise mon premier voyage, direction le Cambodge. Pendant quatre semaines je vais travailler avec des enfants de parents Cambodgiens et Vietnamiens, venus aider le Cambodge sous le régime des Khmers rouges.

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Afrique du Sud, Etat des lieux

By | Hors de nos frontières, Reportages

Sur les routes, du Nord Est au Sud Ouest, je tente de comprendre la situation de ces hommes, laissés à l’abandon par le gouvernement Sud Africain. Je suis impressionnée par le calme et la modestie lorsqu’ils me parlent des violences subies il y a moins de trente ans. Retour sur ce pays aux mille visages, qui malgré son potentiel énorme, reste très contrasté. 

24 ans après la fin de l’Apartheid, le constat reste le même ; malgré la présidence de Mandela au pouvoir, le chemin vers la liberté reste lointain. Les disparités entre une population très occidentalisée et celle rurale sont telles que les questions liées à l’éducation et aux opportunités économiques, subsistent toujours. Pour info, l’Afrique du Sud reste un des pays les moins avancés sur l’éducation avec toujours 80 % des collégiens qui ne savent pas lire. Aussi, alors que l’économie devrait répondre aux besoins de la population rurale et tenir compte du nombre élevé de personnes vivant dans la pauvreté la plus extrême, je vois bien que les opportunités économiques comme l’emploi, l’eau, les services de santé et les infrastructures restent très minimes dans les régions reculées du pays. 

Tous comme les différences climatiques d’un état à un autre, les écarts de niveaux de vie se creusent au fur et à mesure de ma traversée à travers le pays. Le passé a laissé des séquelles. Dans les villes, la cohabitation entre les noirs et les blancs m’interpelle. Pendant que les blancs travaillent dans de hauts buildings, les noirs mendient, font des boulots ingrats, se créent même du travail eux même pour gagner quelques rands. L’accessibilité au travail et à l’école est misérable dans les campagnes.  Sur le bord de la route, j’aperçois des Hommes, qui tous les jours à pied font des kilomètres pour aller travailler ou étudier.

Malgré tout, une petite population reprend le contrôle en construisant des structures syndicales et associatives pour aider les plus démunis. J’ai fait la rencontre de l’association Thanda, qui depuis 2008, lutte pour l’égalité des chances de tous ces hommes. Elle me raconte qu’elle est à l’initiative de nombreux projets éducatifs et artistiques, encourageant l’accompagnement d’une partie de la population rurale du KwaZulu-Natal (province côtière au sud est du pays). «Le développement de la créativité est un enjeu majeur pour nous». Thanda intervient pour ceux qui, du fait d’une surcharge en école publique, ne peuvent aller à l’école. L’éducation est bâtie sur des valeurs solides comme le respect mutuel, l’entente et l’empathie qui sont importantes d’enseigner à tous ces enfants. Ne serait-ce pas un premier « step » pour leur permettre un avenir plus paisible ?

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Le bonheur à la Danoise

By | Hors de nos frontières, Reportages

D’après plusieurs classements, le Danemark serait le deuxième pays où les gens sont les plus heureux ; Info ? Intox ?  je suis donc allée vérifier. Mon premier voyage là-bas, m’avait laissé un petit goût amer, c’était lors des attentats. Mais n’aimant pas rester sur ma faim, me voici à l’aéroport, direction Copenhague.

A première vue, le moral n’est pas au beau fixe, comme le temps d’ailleurs ; sûrement la vague de froid, envahissant l’Europe depuis une semaine (oui c’était en mars dernier).

Dans les ruelles de ses quartiers aux caractères bien trempés par la neige, je pars à la redécouverte de cette capitale européenne, en avance sur son temps, ayant bien intégré la notion du « vivre ensemble ». Bon ok, ils ne font pas les choses à moitié, ils se baignent nus dans une eau glacée. J’en ai des frissons d’ailleurs … Et si c’était ça la source de leur bonheur ?! 🙂

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