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Un visage, une histoire

Je peins pour mon combat

By | Rencontres, Un visage, une histoire

L’Art de la liberté

Portrait d’Ismail Yildirim, artiste peintre et réfugié politique Turc.

A travers son art, ses peintures et sculptures, il exprime une vraie douleur, celle d’un homme, emprisonné dans son propre pays. C’est par le biais de la création, qu’il essaye de cicatriser les blessures de son passé et qu’il souhaite laisser une trace de son histoire.

Regard méfiant, après plusieurs entrevues, il se laisse aller à la confidence. Il veut retranscrire une réalité, sa propre réalité sur les souffrances qu’il a subies et celles des Hommes, qui, à la suite des conflits au Moyen-Orient, ont fui leur pays. La question migratoire, Ismail l’illustre par de forts symboles comme l’oiseau, ou Pietà, la vierge de pitié, figure emblématique.

Retour sur la naissance d’un artiste

Ismail grandit en Anatolie en Turquie où il réalise ses premières oeuvres. Il peint les vignobles et les champs de tournesol aux alentours de son village. Déjà, il rêve de travailler de son art. A 15 ans, réussissant le concours des Beaux Arts, il s’installe à Istanbul. En 1971, à la suite des soulèvements entre l’extrême gauche et l’extrême droite, la capitale subit son deuxième coup d’état militaire. Il rejoint à ce moment là «L’armée Libération, peuple de la Turquie» , mouvement clandestin ; ce qui lui vaudra une condamnation en 1975. Il sera relâché quatre ans plus tard. C’est en 1980, avec un nouveau coup d’état, qu’il décide de s’enfuir et quitter définitivement la Turquie.

Il traverse la Syrie et se réfugie au Liban. Il y retrouve Yilmaz Guney, son ami cinéaste. Ils arrivent en France en 1982. Ils collaborent ensemble sur le film «YOL», qui gagnera la palme d’or à Cannes, puis «LE MUR» en 1983. A la suite de ces deux films, son ami décède brutalement. Il abandonne le cinéma pour se consacrer pleinement à sa carrière de peintre sculpteur. Il travaille d’abord comme sérigraphe pour Jean-Michel Folon, Victor Vasarely entre autre, puis devient professionnel en 1984. 

« A plusieurs reprises, je suis rentré dans la toile »

J’observe attentivement son regard. Discrètement, il se met à l’oeuvre, ses traits sont francs et instinctifs. Il commence une toile de son nouveau thème ; le déplacement, message de colère et de révolte. La peinture qu’il jette sur la toile est sa façon d’extérioriser ses émotions. Les goutes de peinture glissent le long de la toile comme les larmes contenues dans son âme et celles de ses confrères. Chaque toile est pour lui un éternel recommencement. Il aime travailler le bois. L’utilisation des vieux troncs, parfois pourris et déracinés, est sa façon d’exprimer son déracinement et les traces qui l’ont marquées et le marqueront à vie. 

Ismail Yildirim, auteur de « femme debout », « champ de coquelicot », « ma soeur ». http://www.ismail-yildirim.com/

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